À retenir

  • Les drones équipés de LiDAR, de caméras thermiques et de systèmes INS/GNSS fournissent des données géospatiales précises pour améliorer la gestion des feux de forêt.
  • Le LiDAR cartographie la structure de la forêt, tandis que l’imagerie thermique détecte les points chauds et les anomalies invisibles à l’œil nu.
  • Les données acquises par drone soutiennent la réduction des risques, la détection précoce, les opérations d’intervention et l’évaluation des impacts après un incendie.
  • La fusion des données LiDAR, thermiques, RGB et de positionnement fournit une représentation complète du territoire en une seule mission.

Les drones transforment la gestion des feux de forêt.

La gestion des feux de forêt par drone est devenue un levier essentiel pour les organisations responsables de la protection des territoires, des infrastructures et des populations. En combinant le LiDAR, l’imagerie thermique, les caméras RGB et les systèmes de positionnement de haute précision, les drones permettent d’acquérir des données géospatiales précises qui améliorent l’évaluation des risques, accélèrent la détection des anomalies et soutiennent les opérations avant, pendant et après un incendie.

Face à l’intensification des saisons de feux et à l’expansion des zones habitées en milieu forestier, les gestionnaires disposent aujourd’hui d’outils qui leur permettent de mieux comprendre leur territoire et d’intervenir plus efficacement.

Les différentes technologies embarquées sous drone contribuent à une gestion plus proactive des feux de forêt et la fusion de plusieurs capteurs offre une valeur ajoutée considérable.

Les feux de forêt sont naturels. Leur impact évolue.

Feu de forêt aux abords d’un quartier résidentiel.

Les incendies de forêt jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement des écosystèmes. Ils participent au renouvellement de la végétation, favorisent le recyclage des nutriments et permettent à plusieurs espèces végétales de se régénérer. 

Cependant, le contexte dans lequel ils surviennent a profondément changé. 

Au cours des dernières décennies, l’expansion des zones urbaines vers les milieux forestiers a créé ce que les spécialistes appellent l’interface forêt-habitation (Wildland Urban Interface ou WUI). Ces secteurs périurbains regroupent des résidences, des routes, des réseaux électriques, des infrastructures de télécommunication et parfois même des installations industrielles au contact direct de la forêt. 

Parallèlement, les périodes de sécheresse prolongées, les épisodes de chaleur extrême et l’augmentation de la biomasse disponible favorisent des incendies plus intenses et plus difficiles à maîtriser. 

Aujourd’hui, l’enjeu n’est donc plus uniquement de combattre les flammes. Il consiste aussi à mieux comprendre le territoire afin de réduire les risques, détecter rapidement les départs de feu et soutenir les équipes d’intervention. 

Comprendre les différents types de feux.

La stratégie d’intervention dépend directement du type d’incendie rencontré.

Feux de sol

Feu de sol, actif sous la surface.

Les feux de sol, aussi appelés feux zombie, brûlent la matière organique située sous la surface : humus, racines, tourbières ou débris végétaux enfouis. Ils peuvent même persister sous la neige. Ils sont souvent difficiles à détecter puisqu’ils produisent peu de flammes visibles tout en pouvant persister pendant plusieurs jours.

Les principaux signes observables sont :

  • des points chauds localisés;
  • une augmentation de la température du sol;
  • une fumée diffuse;
  • une végétation présentant un stress thermique.

Feux de surface

Feu de surface, actif dans les broussailles.

Les feux de surface constituent la majorité des incendies. Ils consument principalement les herbes sèches, les broussailles, les feuilles mortes et les branches accumulées au sol.

Leur propagation est fortement influencée par :

  • la quantité de combustible végétal;
  • le niveau d’humidité;
  • la vitesse du vent;
  • la pente du terrain.

Feux de cime

Feu de cime se propageant à grande vitesse.

Lorsque les flammes atteignent la canopée, elles peuvent se propager extrêmement rapidement d’un arbre à l’autre. Ces incendies représentent généralement les situations les plus complexes à contrôler.

Ils sont favorisés par :

  • une forte densité forestière;
  • la présence d’arbres morts;
  • une continuité verticale de la végétation;
  • des vents soutenus;
  • un relief favorable à la propagation.

Comprendre ces phénomènes permet de cibler les informations qu’il est pertinent de recueillir avant même qu’un incendie ne survienne.

Les drones ne préviennent pas les incendies. Ils permettent de mieux les gérer.

La majorité des feux de forêt sont déclenchés par la foudre ou par des activités humaines. Les drones ne permettent pas d’empêcher ces événements. En revanche, ils fournissent rapidement des données qui aident les gestionnaires à prendre de meilleures décisions.

Les données fusionnées permettent d’acquérir plusieurs informations à propos des feux de forêt en une étape.

Leur contribution s’articule autour de quatre objectifs principaux :

Réduire les risques

Avant la saison des incendies, les drones permettent de documenter l’état du territoire.

Ils servent notamment à :

  • cartographier les accumulations de combustible;
  • repérer les arbres morts ou dépérissants;
  • inspecter les lignes électriques et autres infrastructures critiques;
  • identifier les secteurs présentant une végétation en stress.

Cette information facilite la planification des travaux de débroussaillage, des inspections ou des interventions préventives.

Détecter rapidement

Lorsqu’un incendie débute, chaque minute compte.

Les capteurs embarqués permettent notamment de :

  • détecter des points chauds;
  • localiser des foyers naissants;
  • observer une fumée diffuse;
  • identifier des reprises de feu après une première intervention.

Une détection plus rapide améliore directement les chances de limiter la propagation.

Soutenir les opérations

Pendant l’intervention, les drones fournissent une vue d’ensemble du territoire.

Ils permettent de :

  • produire des modèles numériques de terrain;
  • identifier les voies d’accès;
  • suivre l’évolution des secteurs touchés;
  • transmettre des observations géoréférencées aux équipes sur le terrain.

Cette information contribue à améliorer la sécurité des intervenants tout en facilitant la coordination des opérations.

Évaluer les impacts

Une fois l’incendie maîtrisé, les données géospatiales servent à documenter les dommages.

Les équipes peuvent notamment :

  • cartographier les superficies brûlées;
  • identifier les foyers résiduels;
  • estimer les volumes de végétation affectés;
  • planifier les travaux de restauration.

Pourquoi combiner plusieurs capteurs?

Aucun capteur ne peut, à lui seul, fournir toutes les informations nécessaires. La richesse des données provient de leur complémentarité.

La caméra thermique

Elle détecte les différences de température invisibles à l’œil nu. Elle permet notamment de repérer des points chauds, des reprises de feu ou des équipements en surchauffe susceptibles d’être à l’origine d’un incendie.

Le LiDAR

Contrairement à la caméra thermique, le LiDAR ne mesure pas la chaleur. Il analyse la structure tridimensionnelle de la végétation et du terrain.

Ces informations permettent notamment :

  • d’évaluer la densité du couvert forestier;
  • de cartographier les accumulations de combustible;
  • d’identifier les arbres morts;
  • d’analyser la topographie influençant la propagation des flammes.

La caméra RGB

L’imagerie RGB apporte le contexte visuel indispensable à l’interprétation des observations. Elle facilite la validation des anomalies détectées par les autres capteurs et améliore la communication entre les équipes.

L’INS/GNSS

Toutes ces observations prennent leur valeur lorsqu’elles sont précisément géoréférencées. Les systèmes inertiels modernes permettent d’associer chaque image thermique, chaque point LiDAR et chaque photographie RGB à une position extrêmement précise, facilitant ainsi le retour sur le terrain ou l’intégration dans un SIG.

Un système de capteurs synchronisés sous un drone survolant une forêt permet de récolter plusieurs données.

La fusion des données: la véritable valeur ajoutée.

L’évolution des plateformes géospatiales ne repose plus uniquement sur la qualité des capteurs, mais sur leur capacité à travailler ensemble.

En synchronisant plusieurs technologies sur une même plateforme, il devient possible d’acquérir simultanément des données LiDAR, des images RGB, des images thermiques et des informations de positionnement parfaitement alignées. Cette approche réduit les temps d’acquisition, simplifie les traitements et améliore considérablement la qualité de l’analyse.

Pour les organisations responsables de la gestion des feux de forêt, cela signifie des décisions plus rapides, une meilleure compréhension du terrain et une coordination plus efficace entre les différents intervenants.

La technologie au service des décisions.

Les drones ne remplacent ni les pompiers forestiers ni les équipes de gestion des incendies. Ils leur fournissent une information plus riche, plus rapide et plus précise.

Face à des incendies de plus en plus complexes, la capacité à acquérir et à exploiter des données géospatiales devient un avantage stratégique pour réduire les risques, améliorer la sécurité des équipes et protéger les infrastructures ainsi que les populations.

En combinant le LiDAR, l’imagerie thermique, les caméras RGB et des systèmes de navigation de haute précision, les drones offrent aujourd’hui une vision complète du territoire qui transforme la façon de gérer les feux de forêt.

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