À retenir

  • La souveraineté technologique signifie avoir le contrôle des données, des logiciels et de l’architecture d’un système.
  • Le Canada privilégie progressivement les technologies canadiennes dans les secteurs stratégiques.
  • La souveraineté technologique réduit les risques liés aux infrastructures critiques et aux données sensibles.
  • Une technologie canadienne est une solution dont l’architecture, les logiciels et l’intégration sont maîtrisés au Canada.

Un nouvel enjeu pour les technologies géospatiales.

La souveraineté technologique prend une place grandissante dans les discussions entourant les technologies géospatiales. Pendant longtemps, les performances, la productivité et la facilité d’utilisation d’un capteur étaient évaluées, mais le prix restait généralement le critère décisif. Aujourd’hui, les organisations doivent également considérer où transitent leurs données, qui contrôle les logiciels et comment l’ensemble du système est conçu. Cette évolution est particulièrement marquée dans les secteurs qui exploitent des infrastructures critiques ou des territoires stratégiques.

Les réseaux électriques, les pipelines, les mines, les forêts, les réseaux ferroviaires et les installations gouvernementales produisent des données géospatiales d’une grande valeur. Ces données servent à planifier les interventions, à documenter les actifs et à soutenir la prise de décision. Elles représentent également une information stratégique dont la protection devient un enjeu de plus en plus important. C’est dans ce contexte que la souveraineté technologique prend tout son sens.

Une évolution progressive de l’approche canadienne.

Contrairement aux États-Unis, le Canada ne s’est pas engagé dans une interdiction généralisée des technologies provenant d’un pays en particulier. L’approche canadienne demeure pragmatique et repose principalement sur l’évaluation du risque. Les décisions récentes ciblent surtout les infrastructures critiques, la défense, la sécurité publique et les technologies qui manipulent des données sensibles. Cette orientation permet d’adapter les exigences selon le contexte d’utilisation.

Cette tendance se manifeste par plusieurs décisions gouvernementales. Le Canada a exclu certains fournisseurs des infrastructures de télécommunications, tandis que l’Ontario a récemment annoncé le retrait progressif des drones fabriqués en Chine pour certaines opérations sensibles de la Police provinciale. Ces décisions ne visent pas l’ensemble du marché, mais elles démontrent que les critères liés à la confiance technologique prennent une importance croissante.

Les marchés publics accélèrent cette transformation.

Les politiques d’approvisionnement évoluent elles aussi. Le cadre fédéral Achetez canadien favorise davantage les capacités industrielles nationales dans les secteurs stratégiques. De leur côté, les États-Unis appliquent déjà des exigences plus strictes avec le National Defense Authorization Act (NDAA) et différentes restrictions visant certaines technologies utilisées dans les environnements gouvernementaux.

Même si les approches diffèrent, elles poursuivent un objectif commun : réduire les risques associés aux chaînes d’approvisionnement technologiques. Pour les entreprises qui développent des solutions géospatiales, cette évolution annonce des attentes plus élevées lors des futurs appels d’offres.

Au-delà du matériel, c’est toute la chaîne technologique qui compte.

Pendant plusieurs années, la provenance d’un produit constituait souvent le principal critère d’analyse. Aujourd’hui, les organisations évaluent plutôt l’ensemble de la chaîne technologique. Elles cherchent à comprendre comment les données circulent, où elles sont stockées et qui contrôle réellement le fonctionnement du système.

Cette analyse porte notamment sur le logiciel, le micrologiciel, les mécanismes de mise à jour, les communications réseau, les services infonuagiques, les bibliothèques logicielles ainsi que les composantes électroniques critiques. Elle s’intéresse également à la capacité du fournisseur d’assurer le maintien, l’évolution et le soutien de la solution pendant tout son cycle de vie.

Pour les technologies géospatiales, cette réflexion est particulièrement pertinente. Les plateformes modernes combinent souvent plusieurs capteurs spécialisés, des systèmes de navigation inertielle, des logiciels embarqués et des outils de traitement avancés. La valeur ne réside plus uniquement dans chaque composante, mais dans la façon dont elles fonctionnent ensemble.

Que signifie réellement une technologie canadienne?

Dans un secteur aussi spécialisé que la géomatique, il serait irréaliste de concevoir localement chaque capteur utilisé dans une solution. Les meilleurs systèmes LiDAR, caméras ou centrales inertielles proviennent aujourd’hui de fabricants répartis dans plusieurs pays. Cette réalité fait partie de l’évolution normale d’une industrie hautement spécialisée.

Une technologie canadienne ne se définit donc pas uniquement par l’origine de chacune de ses composantes. Elle se distingue plutôt par la maîtrise de son architecture, de son ingénierie, de ses logiciels et de l’intégration de l’ensemble du système. C’est cette capacité qui permet de contrôler la façon dont les données sont acquises, synchronisées, traitées et conservées.

L’approche de Balko : intégrer les meilleures technologies dans une architecture maîtrisée.

Chez Balko, cette philosophie guide le développement de l’écosystème Connectiv. Notre objectif consiste à intégrer les meilleurs capteurs disponibles afin de répondre aux exigences de chaque mission géospatiale. Cette approche permet aux utilisateurs de bénéficier des meilleures performances offertes par chaque technologie tout en profitant d’une plateforme unique.

Le cœur de Connectiv est un ordinateur central conçu et assemblé au Canada. Il agit comme le point de convergence de l’ensemble des modules embarqués. Il synchronise les différents capteurs, orchestre leurs communications et assure l’enregistrement local des données pendant toute la mission. Cette architecture permet de conserver la maîtrise du flux d’information dès son acquisition.

Le fonctionnement de cette plateforme repose sur un micrologiciel entièrement développé par l’équipe d’ingénierie de Balko. Cette couche logicielle contrôle les communications entre les différents modules ainsi que le comportement global du système. Les données demeurent stockées localement pendant les opérations et ne nécessitent pas de connexion infonuagique pour être acquises.

Les logiciels e-Connect et e-LAS prolongent cette logique. e-Connect permet de configurer, synchroniser et superviser le capteur pendant la mission. e-LAS prend ensuite le relais pour le traitement et le géoréférencement des données. Lorsque certaines opérations BVLOS exigent une connectivité satellite, les échanges peuvent être sécurisés au moyen d’un réseau privé virtuel afin de protéger les communications entre le terrain et les équipes d’opération.

Cette architecture n’a pas été développée pour remplacer les meilleurs fabricants de capteurs. Elle a été conçue pour leur permettre de fonctionner ensemble dans un environnement cohérent, contrôlé et adapté aux exigences des missions géospatiales professionnelles.

NEXuS illustre la volonté de développer des capacités canadiennes.

Cette évolution s’observe également dans les initiatives du gouvernement fédéral. Le carrefour sécurisé d’innovation en défense NEXuS vise à accélérer le développement de technologies canadiennes liées aux systèmes autonomes et sans équipage. Il rassemble des entreprises, des centres de recherche, des établissements d’enseignement et des partenaires gouvernementaux afin de développer des capacités stratégiques au Canada.

La participation de Balko à cette initiative s’inscrit dans cette dynamique. Aux côtés d’autres entreprises canadiennes, nous contribuons au développement de solutions qui renforcent les capacités nationales en matière d’acquisition de données géospatiales, d’intégration de systèmes et d’innovation dans le domaine des technologies autonomes.

Une évolution qui redéfinira progressivement les technologies géospatiales.

La souveraineté technologique ne remet pas en question la collaboration internationale ni l’utilisation de composantes spécialisées provenant des meilleurs fabricants mondiaux. Elle invite plutôt les organisations à mieux comprendre l’architecture des solutions qu’elles utilisent et à identifier les éléments qui contrôlent réellement leurs données.

Cette réflexion influencera progressivement les marchés publics, les infrastructures critiques, la défense et plusieurs secteurs industriels. Les organisations rechercheront des partenaires capables de démontrer non seulement la qualité de leurs capteurs, mais aussi la maîtrise de l’intégration, des logiciels et de la gestion des données. Dans un domaine où l’information géospatiale soutient des décisions de plus en plus stratégiques, cette capacité deviendra un facteur de différenciation majeur.

Nos autres nouvelles

Éducation
Gestion des feux de forêt par drone: le rôle du LiDAR, de l’imagerie thermique et des données géospatiales

À retenir Les drones transforment la gestion des feux de forêt. La gestion des feux de forêt par...

Nouvelles
Balko rejoint l’écosystème d’innovation en défense canadienne

Balko est fière d’avoir été sélectionnée parmi les organisations qui participeront à...

Nouvelles
Balko et ARA Robotique annoncent un partenariat stratégique

Québec, Canada — Balko et ARA Robotique annoncent la signature d’un partenariat stratégique...